Perchée sur le légendaire Kemmelberg, l’Hostellerie Kemmelberg a pris un nouvel élan depuis l’an dernier. Sous l’impulsion des nouveaux propriétaires, le lieu offre une véritable parenthèse de vacances, sublimée par une vue imprenable sur le Heuvelland. Désormais, ce panorama ne se contemple plus seulement du regard : il s’invite aussi dans l’assiette. Entièrement rénovée et installée au point culminant de la Flandre, l’Hostellerie dévoile une expérience culinaire qui, elle aussi, vous transporte au sommet.
‘Est. 1954’ est clairement visible sur la page d’accueil du site web de l’Hostellerie Kemmelberg. C’est en cette année que l’écuyer Jacques Bruneel de la Warande, alors bourgmestre de Kemmel, fit construire le célèbre hôtel-restaurant. À travers ce projet, il souhaitait dynamiser le tourisme dans son village, conscient que la vue panoramique depuis le point culminant de la Flandre (156 mètres) représentait un véritable atout.
Mont Kèmmel
L’écuyer visait principalement la bourgeoisie francophone aisée ainsi que les barons du textile de la ville voisine de Roubaix et les directeurs du port de Dunkerque qui organisaient des parties de chasse dans le Heuvelland. À cette époque, l’établissement était communément appelé ‘Mont Kèmmel’. Plus tard, l’hôtel devint un lieu de rencontre privilégié pour les cadres et la direction de l’entreprise Picanol, établie à Ypres, ainsi que les clients et fournisseurs internationaux.
Au cours des sept dernières décennies, l’hostellerie a changé plusieurs fois de propriétaire. Les avant-derniers étaient Philippe Vercouter et Kristine De Loose, qui ont dirigé l’Hostellerie Kemmelberg pendant 12 ans et contribué à rendre le ‘Mont Kèmmel’ plus démocratique. En 2023, le couple d’Ypres a accepté une offre de rachat.
Au Salon Meetingroom, nous rencontrons Damien Janssens, operations manager de l’Hostellerie. Arrivé à l’automne 2025, il apporte une solide expérience en gestion hôtelière et lancement de nouveaux établissements. Il a dernièrement assuré l’ouverture d’un hôtel à Lille. Aujourd’hui, il soutient à la fois le fonctionnement quotidien de l’Hostellerie et celui du restaurant voisin, le Belvédère, également racheté.
Vue panoramique
Nous sommes subjugués par la vue panoramique. Même sous un ciel hivernal typiquement gris, brumeux et pluvieux, le paysage vallonné est saisissant. Par temps clair, le panorama s’étend jusqu’à 100 kilomètres vers la Flandre française et jusqu’aux terrils miniers de Valenciennes. Cette vue exceptionnelle depuis le sommet du Kemmelberg a été déterminante dans le rachat de l’Hostellerie par les propriétaires actuels, explique Damien Janssens.
« L’un deux est Robbert Desmet, fondateur de l’entreprise de bois Woodstoxx à Menin. Pendant de longues années, il y est venu avec ses collaborateurs, passer un week-end à l’Hostellerie pour des team buildings. Ce fut un véritable coup de foudre, et l’idée de rependre un jour le bâtiment a commencé à germer. En 2023, le rêve est devenu réalité, presque par hasard. Robbert Desmet a approché les propriétaires de l’époque, Philippe Verkouter et Kristine De Loose, pour évoquer un éventuel rachat. Les discussions se sont enchaînées et quelques mois plus tard, l’affaire était conclue. Fin décembre 2023, Robbert Desmet devenait officiellement le propriétaire de l’Hostellerie Kemmelberg. »
Nouvel élan
Pour ce projet ambitieux, la famille Desmet s’est associée à la famille De Nolf, connue pour son entreprise média Roularta et parfaitement au fait de la riche histoire du bâtiment. Les deux familles d’entrepreneurs ont convenu que l’Hostellerie Kemmelberg méritait une rénovation complète. « Le bâtiment avait perdu de sa splendeur et n’avait plus fait l’objet d’investissements depuis des années », explique Damien Janssens. « C’est pourquoi il a été décidé de le rénover complètement. »
D’importants travaux ont été réalisés pendant plus d’un an. Les chambres ont été mises à nu et réaménagées. Leur nombre a été réduit de deux, mais six suites spacieuses ont été créées en contrepartie, portant le total à 22 chambres. Les espaces communs ont également fait l’objet d’une rénovation en profondeur. « Ils ont été repensés pour maximiser le confort et la convivialité, en accordant une attention particulière aux tons chauds et au bois d’acajou rougeâtre. »
Damiens Janssens souligne que l’authenticité du bâtiment a été soigneusement préservée. « Les architectes ont conservé autant d’éléments d’origine que possible. Ce bâtiment est unique et dégage un charme immense, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il ne fallait pas perdre cela. Au restaurant, par exemple, les boiseries, les appliques murales, les peintures et les fenêtres d’origine ont été conservées et subtilement associées à des éléments contemporains comme des plafonds tendus et un éclairage encastré. »
Depuis un an, l’ établissement rénové accueille les clients. Outre ses 22 chambres luxueuses, l’hôtel dispose d’un bar convivial, d’un salon, de salles de réunion et d’une salle de réception. Pour la détente, une salle de fitness et un spa avec hammam, offrant une vue imprenable sur la vallée, sont disponibles.
Un mix sain
D’après Damien Janssens, l’hôtel attire une clientèle diversifiée. « En semaine, nous accueillons principalement des entreprises pour des team buildings, des conseils d’administration et des comités de direction qui louent souvent plusieurs chambres, voire l’hôtel entier. Grâce à nos partenariats, nous proposons un large éventail d’activités, allant de la randonnée avec des lamas et des balades en vespa aux initiations au golf et circuits à vélo. »
Le week-end, l’Hostellerie se consacre aux loisirs et accueille des couples et des familles qui réservent des forfaits, incluant des formules gastronomiques.
L’Hostellerie Kemmelberg mise aujourd’hui sur son propre site web pour soutenir son développement commercial, même si l’établissement est visible sur les OTA connues. Il demeure toutefois une entreprise totalement indépendante. Des labels internationaux, comme Small Luxury Hotels, auraient manifesté de l’intérêt, mais la direction évalue encore la pertinence d’une telle collaboration pour un hôtel-boutique de cette taille.
La bonne note de Gault&Millau confirme le concept culinaire
Six mois après sa réouverture, le restaurant de l’Hostellerie Kemmelberg a obtenu une belle reconnaissance de Gault&Millau avec une note de 13/20. Une performance remarquable qui, d’après Damien Janssens, confirme le repositionnement réussi et le concept culinaire repensé. « Nous voulons faire de l’Hostellerie Kemmelberg un lieu où les épicuriens et les professionnels peuvent trouver de la sérénité, de la qualité et de l’inspiration. Ce score est une reconnaissance pour toute l’équipe et pour notre vision : nous créons une expérience globale où la gastronomie, le confort et la nature se renforcent mutuellement. »
La direction culinaire est assurée par le chef Maikel Rogie, secondé par le sous-chef Maxence Vandersyppe. Ensemble, ils proposent une cuisine classique contemporaine aux racines franco-belges, élaborée à partir de produits de saison et d’accents locaux. « Nous revisitons les classiques avec raffinement, en privilégiant les saveurs, la simplicité et la présentation. Cette approche n’a pas échappé au jury de Gault&Millau, qui a salué la finesse, la maîtrise des produits et la qualité des assiettes », indique Damien Janssens.
Le service en salle et l’expérience œnologique contribuent à l’expérience globale. La synergie entre la cuisine et la salle se traduit par un accueil chaleureux et un excellent rapport qualité-prix, attirant des clients venus de loin.
Bien que les ambitions soient grandes, l’équipe garde les pieds sur terre. « Notre priorité n’est pas d’obtenir des étoiles mais d’offrir une qualité constante et de poursuivre la croissance. Nous considérons ce score avant tout comme une belle motivation et une invitation à affiner notre offre », conclut Damien Janssens.
Tekst: Peter Van Oyen – Foto’s: Hostellerie Kemmelberg en Peter Van Oyen

Le Belvedère renaît en un restaurant accessible
Pendant des années, le Belvedère fut une étape incontournable pour les visiteurs du Kemmelberg. Cette tour d’observation emblématique, érigée en 1924 et classée monument historique, fut l’une des premières attractions touristiques de la région. Le restaurant attenant, autrefois lieu de rencontre prisé, est cependant resté inoccupé ces dernières années.
Après la réouverture de l’Hostellerie Kemmelberg, les familles Desmet et De Nolf avaient initialement envisagé d’utiliser le terrain du Belvedère comme aire de stationnement supplémentaire. Mais un projet plus ambitieux a rapidement vu le jour : l’acquisition et la rénovation du bâtiment.
Aujourd’hui, le site historique renaît sous le nom The Famous Belvedere, le second restaurant du groupe Desmet-De Nolf. Le concept culinaire se distingue volontairement de celui de l’Hostellerie, explique Damien Janssens: « L’Hostellerie mise sur le raffinement gastronomique, tandis que The Famous Belvedere est un restaurant-grill convivial et chaleureux, imprégné d’une ambiance cycliste inspirée par la course Gand-Wevelgem. Les clients peuvent y déguster des ribs à volonté, des croques, des spaghettis et autres classiques, dans une ambiance décontractée où la convivialité prime. »
Selon Damien Janssens, les deux établissements se complètent idéalement avec une gastronomie raffinée d’une part, et une convivialité accessible, d’autre part.





