EquipHotel 2026 : quand l’hospitalité devient plurielle

Organisé du 2 au 5 novembre prochain à la Porte de Versailles de Paris, la salon EquipHotel prend le parti pris de la pluralité pour présenter la multiplication et la diversification des formes d’hospitalité. Hotel Business s’est entretenu avec Béatrice Gravier, directrice d’EquipHotel, qui, depuis plus de cinq ans, pilote avec son équipe le salon et contribue à son développement.

Hotel Business (HB): Quel sera le thème de l’édition 2026 ?
Béatrice Gravier (BG): Désormais, l’offre hôtelière ne se limite plus uniquement à proposer des chambres. On assiste à une multiplication des formes d’hôtellerie avec un large panel de concepts et d’expériences. Il n’y a donc plus vraiment de cases bien délimitées dans l’hôtellerie qui se veut plus hybride que jamais.
J’ajoute qu’EquipHotel a fait le choix de se concentrer sur la chaîne de l’innovation en proposant en un seul et même lieu à la fois des orateurs et influenceurs, des fournisseurs du secteur de l’hospitalité, mais aussi des designers, architectes, etc. Je pense que nous sommes assez uniques par la densité des points de vue présentés.

HB: L’édition 2026 est-elle différente de celle de 2024 ?
BG: Le salon a été structuré selon trois axes majeurs. Tout d’abord, l’hospitalité sur tous les terrains, qui va du camping au palace, de l’appart’hôtel à l’auberge de jeunesse, en ville comme à la campagne. Ensuite, l’hospitalité d’expériences destinée à faire vivre des temps forts, différents, variés et multiples, mais à chaque fois inédits, ainsi que de créer de l’émotion et du souvenir. Enfin, l’hospitalité raisonnée où la sobriété peut inspirer ou fédérer, que cette sobriété soit économique ou écologique. Le tout avec l’IA en toile de fond.

HB: Quelles seront les thématiques majeures de cette édition 2026 ?
BG: Certes, un salon reste un salon et chaque édition se veut unique. Notre ambition est de créer à chaque fois une nouvelle histoire. Pour ce faire, nous avons choisi quatre grands partis pris. Primo, l’hôtellerie de luxe haut de gamme avec une zone dédiée aux EPV (entreprises du patrimoine vivant), entendez surtout des artisans. Nous estimons en effet que le client veut aujourd’hui être surpris, ressentir des émotions et se voir proposer un design affirmé. En parallèle, nous proposerons des capsules inspirationnelles, dont une créée avec l’IA par Jean-Michel Wilmotte. Secundo, un espace wellness qui ne se limite pas au spa, mais couvre aussi le bien dormir, le bien manger, la sociabilité, etc. Troisième tendance de fond, l’intelligence artificielle (IA). Et enfin, l’investissement hôtelier, sachant que l’hospitalité se financiarise fortement avec l’arrivée d’acteurs de l’immobilier dans l’hôtellerie.

HB: Quelles évolutions avez-vous constatées depuis l’édition 2024 ?
BG: Bien que je travaille depuis plus de 20 ans dans ce secteur, il s’agit d’un marché en perpétuelle mutation. Ainsi, la notion d’expérienciel est plus que jamais une réalité, puisque le client veut désormais de l’expérience, du souvenir, de la mémoire. Pour ce faire, l’offre doit prendre des formats pluriels. En d’autres termes, il ne faut plus seulement offrir un objet hôtelier, mais une chaîne complète de produits. Par ailleurs, le durable et l’impact énergétique sont évidemment au centre des préoccupations. Enfin, l’IA s’impose pour permettre non seulement l’automatisation de certaines tâches, mais aussi la personnalisation de l’expérience client notamment.

HB: Votre cible est donc désormais beaucoup plus large que par le passé. Est-ce un défi ?
BG: Certes, nous élargissons notre cible, mais nous constatons aussi que les acteurs convergent naturellement vers nous étant donné qu’ils ont les mêmes besoins. L’écosystème devient donc plus large. Mais dans le même temps, cet écosystème se resserre puisque l’hospitalité recouvre différentes formes d’hôtellerie. C’est ainsi que la restauration doit aujourd’hui être perçue également sous l’angle de l’hôtellerie. De même, la gastronomie englobe l’art de recevoir, tandis que les expériences culinaires se veulent diversifiées.

HB: L’IA occupe une place incontournable. Quelles formes prend-elle ?
BG: Incontestablement, l’IA est appelée à transformer en profondeur l’expérience client. Mais elle est également déployée pour la gestion des prix et pour faciliter les comparaisons. Elle permet d’optimiser l’organisation des équipes, ainsi que d’impacter le design des espaces notamment, avec des bénéfices en termes de durabilité ou de limitation des gaspillages notamment. D’ailleurs, nous proposerons une capsule de Paul Emilieu Marchesseau sur la durabilité et l’économie circulaire, outre celle de Jean-Michel Wilmotte que j’ai évoqué ci-dessus.

HB: Quelle est la participation de la Belgique à ce salon ?
BG: Les Belges constituent notre première clientèle étrangère en nombre de visiteurs Côté exposants internationaux, ils se classent juste derrière les Italiens et les Espagnols. La Belgique se distingue par son pragmatisme, son goût pour le luxe discret et son ouverture internationale. Je précise que pour l’édition 2026, l’ambassadeur choisi est l’Anversois Ruud Belmans du bureau We Want More.  

Texte Marc Husquinet – Photos Equiphotel