Au bout d’une longue allée à Merksplas, au milieu des champs et des forêts, se trouve un lieu unique où le passé dialogue avec une hospitalité résolument contemporaine. Ouvert depuis la Saint-Valentin, l’hôtel Colonie 7 respire déjà l’histoire et le caractère. Les anciennes étables de cette Colonie de Bienfaisance ont été transformées en un élégant établissement quatre étoiles comptant 41 chambres, une brasserie et plusieurs espaces événementiels.
L’hôtel est le dernier maillon de la vaste rénovation du site historique Colonie 7, entreprise ces dernières années. Les Colonies de Bienfaisance étaient autrefois le théâtre d’une expérience sociale singulière, nées à l’époque où les Pays-Bas et la Belgique formaient le Royaume-Uni des Pays-Bas (1815–1830). L’objectif était de lutter contre la pauvreté urbaine en offrant à des familles démunies une nouvelle vie à la campagne, fondée sur le travail agricole. Ce départ pour la campagne n’était toutefois pas toujours volontaire : la septième Colonie de Bienfaisance à Merksplas faisait partie de ces institutions où les mendiants et les vagabonds étaient placés de force, dans le but, selon les termes de l’époque, de ‘les soigner pour leur offrir une vie meilleure’.

Une rénovation en plusieurs phases
Nous avons rendez-vous avec la general manager Femke Van Ginkel, impliquée dès le début dans le projet, de la conception à son ouverture. Elle explique que le parcours n’a pas toujours été sans embûches : « Le site a fait l’objet d’une rénovation en profondeur, réalisée en plusieurs phases. En 2019, mon associé Bert Josten et moi-même avons repris la brasserie du centre d’accueil. Au départ, nous nous sommes concentrés sur la brasserie et les espaces événementiels. La commune de Merksplas, propriétaire de Colonie 7, recherchait alors un exploitant pour un hôtel. En 2021, nous avons réussi à les convaincre avec notre projet de transformation des anciennes étables en un hôtel. »
L’ouverture, initialement prévue en 2023, a été retardée notamment en raison de la crise du coronavirus et de problèmes d’approvisionnement en matériaux. « Rénover un site classé est une opération complexe. Les travaux, débutés dès 2021, ont duré plus longtemps que prévu. Ce n’est qu’à la fin de l’année 2025 que nous sommes entrés dans la phase de finition. »
Patrimoine protégé
« Les bâtiments ne nous ont pas facilités la tâche », ajoute Femke Van Ginkel. « Lorsqu’on travaille sur du patrimoine, on ne peut pas simplement tout démolir. En raison du statut particulier, les matériaux doivent répondre à des critères stricts. Il a fallu notamment conserver les carreaux de Boom et les sols en terre cuite. Nous avons également préservé – ou fait restaurer par des artisans – des éléments structurels tels que les voûtes en maçonnerie et les charpentes d’origine. L’enduit à la chaux a dû être appliqué en quatre couches, une opération assez laborieuse. Par ailleurs, des nitrates s’étaient infiltrés dans les murs des anciennes étables. Pour bloquer ces acides, nous avons dû recouvrir les parois intérieures d’une membrane à plots. Tout cela a ralenti le chantier, mais le résultat est à la hauteur de nos espérances. »
Nuitée d’essai
L’hôtel Colonie 7 a officiellement ouvert ses portes le 14 février. Auparavant, une phase de test avait été organisée, durant laquelle les habitants du quartier ont eu l’opportunité de passer une ‘nuit d’essai’. « J’ai moi-même vécu une telle expérience lors de mon passage au Botanic Sanctuary Antwerp », se souvient la general manager. « Ce n’est que lorsqu’une personne passe réellement une nuit dans une chambre d’hôtel que les défaillances les plus subtiles apparaissent. Un radiateur qui fait un cliquetis ou un robinet qui fuit peuvent sembler insignifiants, mais ce sont précisément ces imperfections qu’il faut corriger avant l’ouverture. Au final, cela fait une grande différence dans l’expérience client. La phase de test nous a permis de peaufiner les derniers réglages. »
De l’étable à la chambre d’hôtel
« Les 41 chambres de l’hôtel Colonie 7 sont aménagées dans les anciennes étables », explique Femke Van Ginkel. « Rassurez-vous nos clients ne dorment pas sur la paille ! Le charme des bâtiments a été préservé, et c’est ce qui rend un séjour ici aussi unique. »
Femke Van Ginkel nous fait visiter quelques chambres. Du fait de de l’infrastructure d’origine, aucune chambre ne se ressemble : certaines sont un peu plus spacieuses que d’autres. Les clients peuvent choisir parmi cinq catégories, allant des chambres douillettes et confortables aux chambres bien-être équipées d’une cabine infrarouge. Les chambres du rez-de-chaussée allient confort et luxe raffiné : outre un lit double royal, elles bénéficient d’un hall d’entrée privé, d’une salle de bains moderne avec douche à l’italienne et baignoire, ainsi qu’une terrasse privative pour se détendre en toute tranquillité. Les suites junior et les chambres bien-être offrent, quant à elles, une vue magnifique sur la nature environnante ou la cour intérieure.
Des éléments authentiques comme les plafonds voûtés, les planchers anciens et les poutres apparentes ont été préservés autant que possible. « Le caractère historique des lieux est omniprésent, mais jamais envahissant », souligne Femke Van Ginkel. « Toutes les chambres sont chaleureuses, élégamment meublées et dotées du confort moderne. Nous ne visons ni le bling-bling ni le luxe ostentatoire ; l’essentiel est que nos hôtes profitent pleinement du charme de la Campine et de notre établissement. »
Un hôtel ciblant trois clientèles distinctes
D’après la general manager, le Colonie 7 s’adresse à trois publics bien distincts. « En semaine, nous nous concentrons sur la clientèle d’affaires. L’offre hôtelière dans la région du Noorderkempen est assez limitée, alors qu’elle abrite de nombreuses entreprises internationales. Nous sommes par exemple situés à moins de dix minutes de Johnson & Johnson, ce qui fait de nous un point de chute idéal pour leurs visiteurs. Le week-end, nous privilégions les loisirs. La région est très prisée des randonneurs et des cyclistes, et attire aussi des visiteurs intéressés par le patrimoine des Colonies de Bienfaisance.
Le troisième pilier est l’événementiel. Le site compte huit espaces dédiés. Nous organisons tout, de la réunion intimiste pour quatre personnes aux dîners ou congrès pouvant accueillir jusqu’à 170 invités. Nous accueillons aussi des mariages, des fêtes de famille et des événements d’entreprise. »
Une cuisine accessible
La brasserie constitue le coeur culinaire de l’établissement et accueille tant les clients de l’hôtel que les visiteurs de passage. « Nous privilégions une cuisine accessible », explique Femke Van Ginkel. « Inspirée par la Campine, elle met à l’honneur des produits de qualité et un sens aigu de l’hospitalité. Un service traiteur est proposé lors des événements. Avec sa grande terrasse, la brasserie peut accueillir jusqu’à 300 convives. »
Un restaurant gastronomique distinct n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. « Nous y avons pensé, mais nous voulons d’abord voir comment l’hôtel et la brasserie vont évoluer. »

Service personnalisé
Malgré l’ampleur du projet, l’attention personnalisée est primordiale. « Lorsque des CEO séjournent chez nous, par exemple, il m’arrive encore d’écrire un petit mot de bienvenue », explique Femke Van Ginkel. « Ce sont ces détails qui font la différence. »
L’hôtel a entretemps obtenu une classification quatre étoiles. « Trois étoiles, c’est souvent trop juste pour les voyageurs d’affaires, tandis qu’un hôtel cinq étoiles exige une infrastructure complètement différente. Le segment quatre étoiles correspond parfaitement à notre concept. »
Collaboration avec la commune
Les bâtiments appartiennent à la commune de Merksplas et sont exploités dans le cadre d’une concession de 25 ans. « La commune reste propriétaire, et nous nous chargeons de l’aménagement et de l’exploitation », indique Femke Van Ginkel. « Nous y avons investi des sommes considérables. »
L’hôtel appartient en grande partie à l’investisseur privé Bert Josten, ainsi qu’à deux actionnaires minoritaires liés au label CharmeHotels. « Ce n’est pas une chaîne hôtelière classique », précise-t-elle. « Il s’agit plutôt d’une marque marketing et d’une centrale d’achat. »
Un avenir prometteur
Un mois après l’ouverture, les premiers signes sont très encourageants. « Les week-ends sont déjà bien remplis et nous constatons de belles réservations en semaine », se réjouit Femke Van Ginkel.
Un doux soleil printanier baigne les bâtiments et les allées du Colonie 7 d’une lumière chaude, et l’endroit semble avoir retrouvé sa vocation. Femke Van Ginkel conclut: « Chaque matin, en remontant l’allée, je me dis : voilà pourquoi nous faisons tout cela. »
Par Peter Van Oyen – Photos Colonie 7 et PVO





